En reprenant à son compte un concept bien connu de la jeunesse estudiantine, l'opéra de Rennes cherche à s'attirer les faveurs d'un nouveau public. Un pari osé, loin des clichés habituels sur l'art lyrique. 19h50. Au pied du double escalier qui conduit aux étages, c'est la foule des grands soirs. Tenues décontractées, ambiance bon enfant : on est loin du public guindé traditionnellement associé aux spectacles d'opéra. Munis de nos billets, acquis pour la somme dérisoire de 3,5€ (le tarif unique de cette soirée), nous montons prendre place aux balcons du magnifique théâtre à l'italienne que nous avions découvert quelques heures plus tôt. Sur scène, un piano, un pupitre et quelques chaises se détachent sur une immense toile peinte évoquant un paysage champêtre. Le programme, d'une durée de 1h15 environ, se compose d'une dizaine de morceaux, principalement des extraits d'Opéra comme la ballade du roi de Thulé du Faust de Gounod ou encore la finale du Freischütz de Weber, mais aussi de quelques lieder de Schubert et de pièces courtes de Löwe, dont le magnifique Erlkönig. Guidés par les éclairages historiques et techniques d'un maître de cérémonie et portés par l'interprétation souvent convaincante des sept chanteurs qui tour à tour (ou parfois en groupe) se succèdent au pupitre, nous découvrons l'extraordinaire richesse émotionnelle du romantisme allemand : tristesse, mélancolie mais aussi truculence et humour.