Peux-tu me parler de ton parcours ?
J’ai suivi une formation en histoire de l’art à Paris I. Après mon DEA d’Histoire de l’art contemporain, et une année de préparation au concours du Patrimoine j’ai postulé pour le Master, encore appelé DESS à l’époque.
Cela fait plusieurs années que tu as fini le Master, tu travailles actuellement à la maison rouge. Comment s’est passée ton entrée dans la vie active ?
Un des atouts du Master pour moi était l’aspect professionnel et le stage à effectuer en fin de formation. Malgré mes stages précédents (Cluny, Beaubourg) je souhaitais en effectuer un dernier, avec l’espoir qu’il m’aiderait à intégrer durablement une structure d’art contemporain. A ce moment là, le projet de la maison rouge prenait forme. Un lieu avait été acquis, les travaux allaient pouvoir être engagés, et le projet de l’exposition inaugurale avait été décidée. Cette exposition, « L’intime, le collectionneur derrière la porte » témoignait de l’orientation de la programmation de la fondation : la collection privée. Ma formation universitaire en histoire de l’art (DEA) et en organisation de projets culturels (DESS), mes stages précédents et mon intérêt pour les collectionneurs (au programme du concours du Patrimoine et un mémoire sur le sujet en DESS), correspondaient au profil recherché par la directrice du lieu. L’équipe de la fondation était alors réduite à Paula Aisemberg, directrice, qui travaillait depuis 2001 avec Antoine de Galbert à l’élaboration de la fondation. Je suis entré à la maison rouge au moment de la création des postes. Mon stage s’est transformé en CDD, puis en CDI en charge des expositions de la maison rouge.
Qu’est-ce que la maison rouge ?
La maison rouge est une fondation privée reconnue d’utilité publique. Elle a été créée pour promouvoir l’art contemporain en organisant des expositions temporaires monographiques ou thématiques (dont certaines sont confiées à des commissaires indépendants). Ce n’est pas un musée qui présenterait les œuvres de sa collection. La maison rouge n’a pas de collection, mais elle présente régulièrement des collections privées. Comme je vous le disais elle a été fondée par Antoine de Galbert, ancien galeriste et collectionneur d’art contemporain. Sa personnalité et sa démarche de collectionneur orientent le projet.
En tant que chargée des expositions, quelles sont tes missions et tes responsabilités ?
J’assiste le commissaire ou l’artiste dans l’élaboration de l’exposition. Je l’accompagne de la définition du corpus des œuvres (s’il n’est pas déjà établi) au montage de l’exposition ; documente les œuvres, organise les prêts, les transports, les questions d’assurance, le suivi de l’état des œuvres. Je travaille en relation avec la régie (en particulier pour les questions d’accrochage), avec la communication (lui fournir le communiqué et le dossier de presse). Pour les publics, j’ai en charge le petit guide destiné aux visiteurs, et pour chaque exposition je forme deux étudiants qui assureront les visites conférences.
En quoi le Master a-t-il enrichi ton parcours ?
Le Master a été pour moi l’occasion d’élargir mes connaissances à d’autres domaines comme la danse et le théâtre, et de rencontrer des professionnels de ces secteurs. Nous avons eu une approche du secteur culturel dans son ensemble (même si les arts plastiques étaient moins bien lotis à mon goût...). C’est un des atouts majeurs de cette formation à mes yeux.
En un mot, que représentent pour toi ces deux années de Master ?
Le Master m’a marqué pour cette ouverture aux différents champs de la culture. Ce qui permet de mieux comprendre le fonctionnement du secteur culturel et son économie.
Anaïse Bottois