Jack Batho

Entretien mené le 5 avril 2005
Jack Batho a enseigné la diplomatie culturelle internationale au sein du Master jusqu'en 2006.



1er chapitre

Ce qui a fait rêver très tôt Jack Batho, c’est le métier de conseiller culturel. Mais ses parents lui demandant d’être un peu plus sérieux, il s’aiguille vers la préparation à l’enseignement avec des études de lettres modernes puis il passe l’agrégation pour devenir professeur de français. Le déclic se produira à l’occasion de son service national, effectué en coopération. Un véritable électrochoc se produit un beau jour du mois de septembre 1970 sur le tarmac de l’aéroport de Caracas ! C’est une occasion inespérée pour ce natif du pays basque de découvrir l’Amérique latine, un plaisir de vivre dans une culture et une langue étrangère. Ce qu’il appelle une véritable « drogue » ne le lâchera plus. Pour se rapprocher de ses nouvelles aspirations à la jonction de l’université et de l’international, il a la chance de pouvoir enseigner dans ce qui était alors les deux seules universités françaises d’outre-mer, tout d’abord aux Antilles, puis à la Réunion. C’est après ces premières expériences qu’il a la possibilité de passer « de l’autre côté du miroir », pour rejoindre le terrain de la diplomatie culturelle. 

2ème chapitre

Son premier poste est celui d’attaché culturel à la Nouvelle Orléans, aux Etats-Unis, puis il revient en France pour s’occuper de relations universitaires internationales, dans le cadre de l’AUPELF, l’Association des Universités Partiellement ou Entièrement de Langue Française, dont il devient le directeur du bureau européen. Ensuite, il occupera successivement les postes de conseiller culturel et de coopération en Hongrie, juste avant la chute du mur, de directeur des établissements culturels français dans l’administration centrale du Ministère des Affaires étrangères, puis il repart sur le terrain pour occuper successivement les postes de directeur de l’Institut français de Barcelone, en Espagne, puis de conseiller culturel et de coopération à Buenos Aires, en Argentine. 

3ème chapitre

Aujourd’hui il a changé une troisième fois de métier, puisqu’il est depuis 1999, directeur de la programmation et de l’évaluation dans une organisation internationale, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. Il s’agit pour lui, à la fois, d’évaluer les programmes menés par l’Agence, mais également de développer des compétences en évaluation dans les pays en développement, pour renforcer les capacités des spécialistes en évaluation des politiques publiques, de manière à ce que les pays du Sud puissent s’approprier tous ces outils et puissent être mieux préparés dans leurs difficiles négociations avec les pays développés et avec des organisations internationales, telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, etc. En enseignant la diplomatie culturelle internationale aux étudiants du Master, Jack Batho renoue avec ses premières amours : l’enseignement. Riche de toutes ces expériences, il nous livre sans langue de bois et très librement ses réflexions sur la place de l’international dans les métiers de la culture. Une ouverture indispensable pour appréhender la culture en Europe et dans le monde aujourd’hui.

Claire Ramon


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