Atelier Design sonore : Traitement culturel et esthétique de l’environnement sonoreA travers le travail de Luc Martinez, compositeur électro/acoustique, et les explications théoriques de Elie Tête, représentant la société Acirene, nous nous sommes initiées aux techniques et aux moyens mis en œuvre pour introduire le design sonore dans notre environnement.
L’objectif de cet atelier est de sensibiliser et d’informer sur les possibilités d’amélioration de l’aménagement et de l’architecture, de la culture, de la muséographie, des techniques audio ou encore de la pédagogie de l’écoute, par le développement du design sonore.
On assiste, en dehors du domaine musical, à une vraie inculture du son. L’homme a une grande capacité auditive; pourtant on remarque aisément une grande absence de l’objet sonore dans notre environnement. Malgré le fait que nous avons toujours été une civilisation de l’oral, l’image est devenue prédominante au XXe siècle. Le son existe sur le plan esthétique mais uniquement en matière de musique. En permanence, l’homme fait des choix esthétiques pour son environnement, mais on remarque qu’il ne choisit jamais son environnement sonore. Nous subissons le son sans jamais nous en préoccuper davantage. Il y a toujours trop de bruit ou pas assez. Les spécialistes du son cherchent depuis quelques années à doter les objets d’une identité sonore. Ils pensent pouvoir recréer toute une signalétique sonore et ainsi re-sensibiliser l’homme aux sons. Les chercheurs en design sonore tentent donc aujourd’hui d’inciter les pouvoirs publics à se sensibiliser à l’environnement sonore. Car aujourd’hui l’analyse de cette notion n’est absolument pas répandue. Ainsi, on a toujours eu tendance à gronder les enfants lorsqu’ils mangeaient en faisant du bruit sans jamais se demander si la cause du problème ne venait pas de l’insonorisation des cantines. Par ailleurs, même si on assiste à l’avènement du home-cinéma, le 5.1 est loin d’être entré dans les mœurs. Les musiciens ont d’ailleurs encore beaucoup de difficultés à composer pour cette pratique. Lors d’un concert, le public est captif et l’endroit est fixe. Comment faire la même chose lorsque le public n’est pas attentif, ou pas là du début à la fin ou encore s’il se trouve dans des lieux publics ? Voici l’ensemble de question que s’est posé Luc Martinez.
Cet artiste compositeur s’intéresse depuis quelques années à la muséographie sonore que l’on nomme également la muséophonie. Les musées sont restés longtemps silencieux à cause des moyens techniques car on ne pouvait disposer de musiciens en permanence. Puis, lorsque la technologie a commencé à se développer, les premières bandes magnétiques s’usaient trop vite. C’est uniquement dans les années 1990, avec l’arrivée massive du disque compact (CD), que les premières installations sonores ont été possibles. Ce genre d’installation est aujourd’hui en majorité utilisé pour les expositions temporaires. A partir de là, la notion de mise en espace du son est très importante car on a toujours eu peur du mélange des sons et de la pollution sonore. « Il faut apprendre à diffuser le son autrement » commente Luc Martinez, le design sonore est pour lui une manière de redonner vie aux musées. Mettre en scène les collections grâce à un décor et à un accompagnement multi-sensoriel serait une parade aux multimédias et aux nouvelles technologies qui enlèvent de plus en plus le côté magique de la relation directe avec l’objet sous vitrine. Aujourd’hui, nous sommes capables comme nous l’a montré Luc Martinez à travers la démonstration de son travail, de recréer des univers, ou encore de donner vie à des ambiances sonores interactives déclenchées par le passage des visiteurs. Mais lui et ses homologues rencontrent beaucoup de difficultés face à la crainte des conservateurs qui ne connaissent pas ces nouvelles techniques. Ils militent donc pour être à l’aval comme à l’amont des projets, car le rapprochement entre les décideurs et les concepteurs est une donnée cruciale de la réussite de ces nouvelles installations. Le musée est entièrement construit sur un mode visuel. Développer la «muséophonie» permettrait donc de délester un peu le visuel pour créer une diffusion sonore spatiale et tridimensionnelle. Les flèches qui indiquent le sens de la visite, ne pourraient-elles pas ainsi être remplacées par des sons qui interpelleraient les visiteurs ?
Cecile Abescat
Sources :
Atelier Design Sonore, Nicéphore Days 04, 25/11/04 www.acirene.com www.festival-emergences.info/martinez.htm |
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